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Le vendredi 3 septembre, le Ministère de l’éducation nationale a dévoilé le taux de réussite au baccalauréat unique qui s’élève à 25, 36 % (sciences sociales, mathématiques, expérimentales et  franco-arabe). Des chiffres catastrophiques qui s’expliquent par plusieurs facteurs.

Qu’est ce qui n’a pas marché ?  Telle est la question que nous avons posée à un parent d’élève et un enseignant qui situent des responsabilités.

Depuis plus de trois ans, la Guinée a connu une année scolaire déséquilibrée suite aux différentes grèves que les syndicats des enseignants ont menées pour une amélioration de leurs conditions de travail et de vie.

Pour Boussouriou Diallo, parent d’élève et activiste de la société civile, le faible taux de réussite s’explique dans un premier temps par les perturbations des cours dues aux grèves :

« Depuis 2017, nous avons eu l’année scolaire qui s’est penchée presque sur 6 mois, c’est quelque chose qui a impacté le cours normal de l’année scolaire mais également la situation socio politique de notre pays… »

Deuxièmement, pour expliquer le taux d’échec, ce parent d’élève met l’accent sur la qualité de l’enseignement ou encore sur le manque d’infrastructure :

« Pour expliquer ce taux d’échec, il faut trouver les raisons à ce niveau quelque part également, sur la qualité de l’enseignement qui est dispensé aux élèves et les conditions dans lesquelles cet enseignement est dispensé. Depuis des années il n’y a pas de nouvelles écoles construites, d’où le nombre pléthorique d’élèves dans les établissements publics. Et par endroit,  à l’intérieur du pays, il y a peu d’enseignants, un problème d’accès aux livres et à la bibliothèque. Donc tout ceci peut constituer un handicap pour des élèves qui étaient en situation de passer leur baccalauréat… »

Mohamed Camara, professeur de français dans les classes de terminale au groupe scolaire le Salem situé au quartier Kipé dans la commune de Ratoma, distribue les responsabilités à tous les niveaux depuis le faible nombre d’admis dans son établissement soit 12/40 en terminale Sciences Sociales et 11/20 en terminale Sciences Mathématiques.

« Concernant l‘échec de cette année, les responsabilités sont partagées à tous les niveaux (parents, enseignants et autorités éducatives). Les parents se sont retirés de la formation de base des enfants à la maison, les enseignants sont en manque de rigueur et les autorités ont bafoué le système éducatif depuis plus de 10 ans. Face à tout cela comment voulez-vous vous attendre à un bon résultat ? Je dirais que c’est de la folie et il est temps de revoir ensemble le système car les élèves sont la relève de la nation ».

Plus loin, ce professeur de français soucieux de l’avenir de l’élève guinéen relève quelques points pour améliorer le niveau.

« Pour améliorer le niveau, il va falloir revenir sur l’ancien système du temps de Conté, c’est-à-dire faire recours à la rigueur et surtout en faire la base de l’éducation. Il faudra réorganiser les écoles privées qui sont d’ailleurs sources de vrais problèmes. Si cela est réglé je crois que le niveau pourrait éventuellement s’améliorer et être rigoureux. Nous devons ensemble faire une remise en question sur l’éducation guinéenne ».

À rappeler que le taux de réussite au BEPC en 2021 est de 35,08% et celui de l’entrée en 7ème année est de 62,08 %.

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