11 Jul 2020
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Elie Kamano rend un vibrant hommage à feu Hadja Kadé Diawara

Décédée le vendredi 24 avril, l’archange du mandingue, Hadja Kadé Diawara, a rejoint sa dernière demeure ce dimanche 26 avril 2020. Alors, le monde de la culture guinéenne lui rend des hommages à travers des messages, comme ce fut le cas de l’ancien reggae man Elie Kamano, dans son message d’au revoir, d’énonce certaines réalités que vivent les artistes.

Elie Kamano se souvient de la voix d’or de Hadja Kadé Diawara. Il revient, non seulement, sur les mérites de l’auteur de « Ambo Besso Ma », mais aussi dénonce la misérable vie de plusieurs artistes qui finissent mal et qui ne parviennent à vivre que de leurs œuvres.

 

« Une page d’histoire se referme, une nouvelle page s’ouvre.
Aucune âme ne défie le temps, et le temps se nourrit des grands.
Notre histoire retiendra de toi, une femme brave et loyale au service de la culture, poumon de la nation.
L’aigle royale a pris son envol pour un voyage ancestral dans un aller sans retour.
Va leur dire Hadja.
Va dire à Demba Camara, à Sory Kandja, à Italo Zambo, à Italo Zambo, à Taboulé à Balla et ses balladins qu’ils n’ont plus d’héritage.
Dis leur que le carrefour culturel de l’Afrique est devenu la poubelle de l’Afrique.
Dis leur que les hommes de culture meurent de faim parce que ceux qui exploitent leur propriété intellectuelle ne payent pas leur droit.
Ni les radios et télés privées, ni les boîtes de nuit, ni les salles de spectacle, ni les véhicules qui jouent inlassablement leurs musiques, ni les hôtels, ni les partis politiques qui utilisent incessamment leurs oeuvres dans leur campagne.

Dis leur qu’il n’y a que les médias étatiques qui s’acquittent auprès du BGDA pour permettre à certains artistes de toucher des sommes allant de 100 mille à 2.000.000fg par an, oui je dis bien par an.
Dis à Fode Conté et à kerfalla Kante qu’on n’a pas oublié les conditions dans lesquelles ils ont tiré leur révérence.
Je ne sais pas si tu pourras parler à Big Dre le thug life, à Biz Marky et à Chanana vu que vous n’aviez pas le même style et n’étiez pas de la même génération.
Dis leur quand-même qu’ils nous ont laissés orphelins et que la culture a vraiment besoin d’aide.
Dis leur hadja, va en paix et dis-leur.
Merci pour cette belle page écrite par tes puissantes cordes vocales qui ont bercé mon enfance et mon adolescence.
Adieu l’artiste.
Adieu Maman Kade Diawara. »