20 Jan 2021
ad
HomeCultureInterview : à la rencontre de Chimere Diaw, directeur artistique du festival ‘’Lassiry Graffiti’’

Interview : à la rencontre de Chimere Diaw, directeur artistique du festival ‘’Lassiry Graffiti’’

rarilinews, chimere diaw

Créé en 2018, le festival Lassiry Graffiti est un événement socioculturel qui a pour but de donner l’opportunité à la population guinéenne de discuter de citoyenneté, d’engagement et de contribuer à l’amélioration de notre environnement à travers l’art. À cet effet, les organisateurs de cet événement annoncent la 3ème édition dudit festival qui se tiendra du 15 au 25 décembre 2020 à la maison des jeunes de nongo.

C’est ainsi que nous sommes allés à la rencontre du directeur artistique du festival, Chimere Diaw. Dans cet entretien, cet amoureux de la peinture nous parle de la particularité de cet événement, de l’importance de l’art dans la société ainsi que les préparatifs de l’événement.

Vous avez déjà réalisé deux éditions, dites-nous la particularité de cette 3ème édition ?

« Cette troisième édition sera la meilleure, nous avons décidé de faire parler plus nos fresques en ce temps où tout le pays réclame la paix. Nous en tant qu’artistes graffeurs, notre devoir est de communiquer à notre manière en faisant une fresque pour l’unité nationale, et la paix en Guinée. En plus, cette année nous avons misé sur beaucoup de formations, nous voulons donner l’opportunité aux jeunes Guinéens de se former gratuitement sur des formations qui n’étaient pas vraiment accessibles à tout le monde. Il y aura plein de surprises, venez on célèbre la culture urbaine, il y aura plein de choses, slam, rap, danse, graffiti, tunning, etc. ».

L’événement est prévu du 15 au 25 décembre 2020. Où en êtes-vous avec les préparatifs ?

« Toute l’équipe est déjà prête. Lefa gère bien la communication, j’ai déjà commencé les esquisses pour la fresque et préparé les autres graffeurs mentalement… pour les formations nous avons reçu beaucoup de demandes. Les formateurs sont prêts, d’autres de l’extérieur ont fait leurs réservations. Nous avons fait nos commandes de peinture avec le peu de moyen qu’on a eu. Donc tout est bien calé ».

En quoi l’art de la rue constitue un élément essentiel en matière de changement de comportement ?

« Pour moi, le graffiti est un facteur de changement, les fresques au-delà de leur beauté, véhiculent des messages importants. L’être humain est attiré par ce qui est beau, elle admire la beauté, c’est un moyen efficace pour toucher un grand public cible. C’est une forme d’art qui n’est pas dans une galerie, elle est accessible à tout le monde et ces messages sont gravés sur les murs visibles partout. Donc le graffiti est important pour faire passer beaucoup de messages pour la population. Par exemple à travers la peinture, on sensibilise sur l’immigration clandestine, le Coronavirus, l’insalubrité…»

Sachant que les Guinéens s’intéressent peu à la peinture, comment faites-vous pour attirer l’attention du public ?

« Si. Le Guinéen s’intéresse à la peinture, pour toutes nos fresques à travers tout le pays, les gens viennent nous féliciter. L’art ne les avait pas été accessible, car la majeure partie des artistes peintres ne sont pas des graffeurs. Car les artistes peintres font des tableaux, des expositions… et ça c’est accessible à un public réduit, tout le monde n’a pas accès dans les grandes galeries. Alors que, le graffiti nous donne l’opportunité d’admirer l’art dans la rue. Toutes les fresques de graffiti ne parlent pas à un seul individu mais à tout un pays…’’Guinée Ghetto Graff  » a fait sortir l’art qui n’était pas accessible pour que tout le monde en bénéficie ».

Parlez-nous de vos objectifs ?

« Notre objectif c’est de faire connaître le « festival graffiti lassiry » dans tout le monde entier d’ici deux ans. Et former beaucoup d’artistes graffeurs qui feront hausser au plus haut niveau le graffiti guinéen et inshaallah ça se fera ».

 

Ci-dessous quelques réalisations en images :

 

 

Kadiatou Baldé

VOS COMMENTAIRES CI-DESSOUS :