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Aminata Pilimini Diallo est journaliste, fondatrice du site Actu elles. Info, rédactrice en chef de la radio Love Fm, Web féministe. Connue pour son engagement à défendre les droits des femmes, audacieuse, amoureuse de la mode, femme modèle et femme de principe, Aminata a su se faire une place dans son domaine. Combative, elle fait la promotion des femmes, dénonce les viols, l’excision, les violences conjugales, mais aussi le féminicide. A l’occasion de la célébration de la journée internationale des droits des femmes célébrée ce 8 mars, nous sommes allés à la rencontre de cette web féministe engagée à défendre les droits des femmes. Dans cet entretien, Aminata Pilimini plus sereine que jamais, elle nous parle de son combat, de la fête des femmes, de ses belles rencontres, tout en passant par ses projets.

Parlez-nous de vos activités en tant que journaliste et féministe

« En tant que journaliste féministe, comme je le dit je suis fondatrice d’un site qui parle d’ailleurs des femmes dont le slogan est les ‘’femmes d’abord’’ et qui date de mars 2015. Cette année, il a six ans et à travers Facebook, j’arrive à faire la promotion du site et la promotion des femmes et c’est là que je suis devenue féministe. Depuis 2017, j’anime une émission à Love FM qui fait la promotion des femmes. Je suis aussi secrétaire générale de la presse des amazones guinéennes, une association de journalistes qui font la promotion des femmes journalistes et dans les autres domaines. Je suis aussi membre du collectif guinéen du 21 ème siècle, … Je lie mon boulot à mon combat. C’est vrai qu’en tant que journaliste on ne peut pas prendre position, du coup je prends position dans mes activités sur le terrain et sur Facebook, mais s’il y a quelque chose à faire coté journalisme, je le fais sur mon site ».

Parlez-nous de votre combat en tant que défenseuse des droits des femmes

« Je fais beaucoup d’actions, mais surtout sur les réseaux sociaux parce que je me reconnais en tant que web féministe. Et en tant que web féministe j’ai une plateforme qui a aujourd’hui plus de 26k membres, sur mon compte aussi où j’ai plus de 22k abonnés donc c’est de là que je fais mon combat, je dénonce, je défends les femmes, et parfois je suis sur le terrain avec les autres ONG, associations, ou personnes particulières pour réclamer nos droits, dénoncer les viols, l’excision, les violences conjugales, les féminoïdes et tout. Je fais beaucoup d’interventions dans les médias dans les domaines du féminisme ».

Un petit mot par rapport à cette journée du 8 mars ?

« Par rapport à la journée du 8 mars, je souhaite encore que toutes les femmes cherchent à connaître leurs droits qu’elles se battent pour leurs droits, que s’il y a des choses à dénoncer que toutes les femmes se lèvent se donnent les mains, et que les hommes nous accompagnent. Qu’on dénonce ensemble et qu’on puisse avoir gain de cause que justice soit faite ».

Qu’avez-vous à dire aux personnes qui minimisent votre combat ?

« Chacun a ce qu’il veut faire dans sa vie. S’ils veulent minimiser le combat, qu’ils le fassent ce n’est pas grave, s’ils veulent même s’attaquer aux féministes qu’ils le fassent, c’est leur vie. C’est ce qu’ils ont choisi de faire. Mais qu’ils sachent que minimiser ce combat, s’attaquer à ce combat, où à nous qui combattons, ça ne va pas nous arrêter en tout cas pour une personne qui le fait par conviction et par passion, ça ne va jamais l’arrêter. Moi j’ai été victime, de beaucoup d’attaques, de diffamations, d’injures, mais ça ne m’a jamais arrêté où freiné. Donc à ces gens qui le font, parce qu’ils veulent freiner une féministe qu’ils sachent que ça ne vas pas nous arrêter. Ce combat pour nous est noble on ne le fait pas pour nous personnellement, on le fait pour les autres «

 Souvent des gens disent que les féministes sont des personnes frustrées et qui gagnent difficilement des maris. Qu’avez-vous à dire ?

« (Rire)… Cette question me fait rire. Oui on dit que nous somme frustrées, mais vous savez une personne qui qualifie quelqu’un de frustré si tu regardes bien tu trouveras que c’est cette personne qui est frustrée. Les féministes comme celles qui ne le sont pas, aujourd’hui en Guinée on sait que les femmes ne gagnent pas de mari. Donc si ce sont les féministes qui sont frustrées, pourquoi les autres ne sont pas frustrés ? Ce pas parce qu’elles sont féministes qu’elles ne gagnent pas de mari. Il y a des féministes qui sont mariées. Moi c’est vrai que je ne suis pas mariée et je crois que je ne suis pas frustrée. Ce qui me frustre c’est quand je vois une violence faite aux femmes, ce n’est pas parce je n’ai pas de mari. Je ne suis pas partisane du mariage, si Dieu me donne un mari j’accepte, si non ça ne fait absolument rien. Donc ça ne me frustre pas et je sais que ça ne frustre pas les féministes que je connais ».

Durant votre parcours professionnel vous avez effectué des voyages à l’étranger. Parler nous de ces expériences et de vos plus belles rencontres ?

« C’est vrai j’ai fait des voyages côté professionnel, au Sénégal, au Maroc et en Côte d’Ivoire. C’est des belles expériences mais la plus belle expérience c’est le Maroc, parce qu’au Maroc lorsque je suis allée en mars 2020 j’ai rencontré près de 300 femmes journalistes de toute l’Afrique. Aller dans un pays musulman, où le féminisme est tellement développé que dans les médias ils ont des émissions carrément féministes, que le gouvernement soutient les féministes. C’était une rencontre qui m’a vraiment inspiré. On se dit que le féminisme et l’Islam ne sont pas compatibles, bah c’est faux. Le Maroc c’est un exemple pratique, le féminisme est très développé là-bas, les femmes ont les mêmes droits que les hommes. C’est vrai que oui il y a les violences faites aux femmes au Maroc ça c’est clair, mais la promotion des femmes au Maroc est à un autre niveau. Donc c’était ma plus belle rencontre. Aller rencontrer des aînées, parce que j’étais presque la plus jeune, il n’y avait que des grandes sœurs, des aînées dans le métier du journalisme et du féminisme, ça m’a tellement beaucoup appris que j’aimerai que ça se répète ».

Quelle message avez-vous à lancer à la gente féminine guinéenne ?

« Il faut se former, s’informer et être audacieuse mais surtout il faut être authentique. C’est ça l’humain et si les femmes sont authentiques, elles verront qu’elles ont une bonne valeur. Mais surtout j’appelle à la solidarité féminine en Guinée. Je n’appelle pas à ce que toutes les femmes soient des féministes non. Mais j’appelle à ce que toutes les femmes en Guinée se donnent à fond pour qu’on avance encore plus. Les femmes africaines sont en avance mais les femmes guinéennes sont un peu plus en arrière. Et c’est vrai que ce n’est pas le fait qu’on soit femme, mais le fait qu’on soit dans un pays où il n’y a pas de solidarité. Que ça soit côté femme ou homme les guinéens ne sont pas solidaires ».

Quel est votre modèle de réussite ou votre source d’inspiration ?

« Je n’ai pas un modèle de réussite ou une source d’inspiration, j’ai juste des femmes dans lesquelles je me reconnais comme en Guinée ici il y a N’ga Nana, Souadou Madjou et Binta Bah, en Côte d’Ivoire il y a Mari Catherine Koissi fondatrice de la radio Cocodi Fm, au Burundi il y a Valery qui vient souvent en Guinée. Au fait, ce sont des femmes lesquelles je me reconnais je les appelle souvent mes maxi-moi parce qu’on réfléchit et on analyse à peu près de la même sorte, elles sont plus âgées que moi mais je me reconnais tellement en elles ».

 Quelle est votre plus grande réussite ?

« C’est mon site actuel. Info. En créant ce site je ne m’attendais pas à avoir ce que j’ai aujourd’hui, je l’ai créé pour faire la promotion des femmes, pour médiatiser les femmes, et aujourd’hui il me donne tout. Donc c’est ma plus grande réussite».

Quels sont vos projets ?

« J’ai beaucoup de projets côté médias, pour mon site, avoir un bureau, des reporters, certaines choses que je n’ai pas pu faire pendant toutes ces années, parce que je n’ai pas cherché l’argent j’ai cherché à médiatiser les femmes. Aller me former, faire un master en communication et un autre master en journalisme, écrire des livres. J’ai déjà d’autres que je dois faire sortir si j’ai quelqu’un qui va m’accompagner »

Votre mot de la fin ?

« Je remercie toutes les personnes qui soutiennent le féminisme, je remercie toutes les féministes qui tiennent tête au patriarcat et je les encourage, je les invite à ne pas lâcher à ne pas avoir peur de qui que ce soit. Merci à Rarili News ».

 

Kadiatou Baldé

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