9 Mar 2021
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Interview : Mohamed Camara dévoile les couleurs du premier ‘’Salon du Cinéma Guinéen’’

Placé sous le thème : « Le cinéma Guinéen, Opportunité d’Investissement », le salon du Cinéma Guinéen dénommé : ‘’ Le Gros Plan du Cinéma 224’’, est un évènement culturel 100% Cinématographique qui se tiendra du 19 au 20 février 2020 aux studios Kirah sis à Kipé.  Pour cette première édition organisée par la structure de production cinématographique au nom de Phoenix-Vision, elle sera axée sur des échanges, des panels, des tables-rondes, des expositions-ventes, des projections de films, et tant d’autres activités.

A cet effet, notre rédaction est allée à la rencontre de Monsieur Mohamed Camara Président de Phoenix-Vision et Commissaire général du Salon du Cinéma Guinéen. Dans cet entretien, il nous en dit un peu plus sur cet évènement : l’idée générale, les attentes du public, des raisons pour ne pas manquer la 1 ère édition du salon du cinéma, mais aussi les difficultés qu’ils rencontrent depuis le début de leurs activités.

Parlez-nous de votre évènement le ‘’Salon du cinéma ’’ ?

« Le Salon du Cinéma Guinéen’’ est un évènement cinématographique. Ce salon sera le lieu de rencontre des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, ‘’les amateurs’’, les cinéphiles, les télévisions publiques et privées mais aussi le gouvernement et le secteur public et privé. Ce salon aspire à prouver que le cinéma guinéen peut être un levier économique viable. Il sera le lieu aussi de faire un plaidoyer auprès des décideurs publics, des entreprises privées et des télévisions, en vue de participer à l’essor du cinéma guinéen ».

Comment avez-vous eu l’idée d’organiser un tel évènement en Guinée ?

« L’idée du ‘’Salon du Cinéma Guinéen’’ nous est venue en faisant un constat. Et ce constat est simple. Le cinéma guinéen laisse à désirer, on n’a pas à le raconter. D’ailleurs, depuis la fin du régime de notre premier président feu Ahmed Sékou TOURÉ, qui à son époque, la Guinée était une référence cinématographique africaine, est-ce que nous pouvons parler de ‘’CINEMA GUINEEN ? Ne devons-nous pas plutôt dire : LE CINEMA EN GUINEE ?’’ Dixit Souleymane Tata DIALLO, étoile montante du cinéma guinéen, connu sous le sobriquet de GANDO. Au vu de la rareté des productions filmiques qu’il y a dans notre pays, au regard de l’inexistence de fonds étatiques spécifiquement alloués au secteur cinématographique guinéen, en partant du manque de confiance et d’informations fiables des entreprises privées vis-à-vis du secteur cinématographique guinéen. Alors, nous nous sommes dit qu’il fallait créer un cadre de concertation entre professionnels du cinéma guinéen d’abord, pour faire le point sur notre cinéma, tout en associant l’Etat, les entreprises privées et les télévisions ».

Sachant que ce salon se déroulera du 19 au 20 Février prochain, quelles sont les activités prévues pour ces deux jours ?

« Ce rendez-vous sera consacré à des échanges, des panels, des tables-rondes et des expositions-ventes. Il y aura également des projections de films, des présentations de films et des projets de film, une conférence en vue d’expliquer que le cinéma guinéen est une opportunité d’investissement tout comme les autres secteursLe public qui viendra assister au Salon du Cinéma Guinéen, saura en premier lieu qu’il y a des cinéastes talentueux et professionnels dans notre pays. Des cinéastes qu’il ne connait généralement pas. Ensuite, les participants découvriront des productions filmiques professionnelles made in Guinea. Ils sauront pourquoi notre cinéma tire le diable par la queue. Que faut-il faire pour insuffler une dynamique pour relancer ce domaine qui leur appartient également. Et quel est leur place dans ce grand monde ».

Pourquoi avoir choisi les Studios Kirah pour abriter l’évènement ?

« Nous avons choisi les Studios Kirah parce que c’est un espace culturel guinéen qui a fait du chemin dans notre pays. Il n’est plus à présenter. De grands évènements culturels et artistiques s’y tiennent. En plus, c’est un incubateur culturel. Et c’est le lieu pour nous de remercier la direction des Studio Kirah, en l’occurrence M. Bilia BAH, directeur des Studio Kirah, qui nous a offert cet espace gratuitement ».

Citez-nous 5 raisons pour ne pas manquer la 1 ère édition du salon du cinéma.

« Bon, pour répondre à cette question, nous dirons que la première raison serait de venir soutenir le cinéma guinéen, découvrir les cinéastes guinéens professionnels, regarder des films professionnels guinéens, savoir pourquoi le cinéma guinéen est à la traine et comment le relancer avec la participation et l’effort de tous ».

Sachant que vous êtes à votre 1ère édition, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

« Nous avons rencontré plein de difficultés. Nous n’avons pas de sponsors. Nous faisons tout, tous seuls. Aucune aide substantielle de la part d’un organisme étatique ou privé. Mais nous comprenons cet état de fait. Il y a la pandémie de Covid-19. Les ressources se font rares. Et nous ne sommes qu’à nos débuts. Les gens ne savent pas trop qui nous sommes. Et c’est normal qu’ils soient réticents. Mais nous ne faisons pas cet évènement pour le fun. Nous le faisons parce que nous y croyons. Parce que nous pensons que ça vaut la peine d’être fait et ça apportera sa pierre à l’édifice de notre cher cinéma guinéen. C’est le lieu pour nous de remercier toutes les bonnes volontés qui ont cru en nous, qui nous accompagne depuis le début, que ça soit moralement, techniquement, humainement et financièrement ».

Comptez-vous organiser une deuxième édition ?

« Ce ‘’Salon du Cinéma Guinéen’’ se veut être une référence en matière d’évènement cinématographique guinéen, africain, voire mondial. Vous pourrez vérifier vous-même, il y a des festivals de cinéma en Guinée, en Afrique, cependant, il n’y a pas encore de Salon du Cinéma. Donc, nous sommes fiers d’être les pionniers en matière d’organisation de Salon uniquement dédié au cinéma ».

 « Nous invitons tout le monde à venir participer à cet évènement. Il appartient à tous. Au peuple de Guinée. Et nous espérons qu’il impactera positivement ce secteur cinématographique guinéen ».

 

Kadiatou Baldé

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