28 Jan 2021
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Interview Aissata Tafsir / Cheffe d’agence UBA Prima Center : « De fil en aiguille je suis arrivée là où je suis »

Madame Diallo née Aissata Tafsir Camara est la Responsable de l’agence UBA Prima Center depuis bientôt deux ans. Après ses études secondaires au Lycée Sainte-Marie à Conakry, elle sort diplômée en Droit à l’Université IBK de Tunis. Aujourd’hui Cheffe d’agence, elle gère de nombreux employés et assume ses obligations familiales et professionnelles. Comme bon nombre de modèles de réussites guinéens, Aissata Tafsir a travaillé dur pour avoir son poste. Pour elle, avec la passion, le courage et la formation il est bien possible de réussir en Guinée.

Dans cet entretien, elle explique ses débuts dans sa jeune carrière et donne quelques conseils pour se former et réussir en Guinée.

En quoi consiste votre fonction au sein de la banque ? 

« Ma fonction principale est de mettre en place avec mon équipe des stratégies commerciales ; parallèlement, le coaching d’une équipe multi-services (commercial, opérations, contrôle) afin de s’assurer d’une bonne qualité de services à nos clients ».

Quel a été votre parcours au sein de la banque, de vos débuts à aujourd’hui ? 

« J’ai commencé ma carrière au sein d’UBA par les ressources humaines (Chargée de recrutement et de gestion de carrière). Après 2 ans, je me suis reconvertie au métier de commercial, car plus tard j’aimerai me lancer dans l’entreprenariat, et la banque est l’endroit idéal pour se créer un réseau ou un portefeuille clients.  

Donc j’ai passé 3 ans comme gestionnaire de compte à l’agence principale de la banque et pour finir j’ai décroché mon poste actuel ».

Quelles sont les qualités requises pour occuper ce poste ?

« Pour ce poste, il faut d’abord avoir « les épaules très larges » comme on le dit chez nous. Par-là, j’entends l’empathie vis-à-vis de son personnel, le respect et surtout la courtoisie. Le plus important est d’être la personne qui apporte les solutions (et non les problèmes) à son équipe et qui aide son personnel à s’améliorer à travers les échanges et formations.  

Lorsqu’on arrive à mettre en place une bonne cohésion, la relation professionnelle devient simple et fluide, par conséquent l’impact sur la relation client est plus positif ».

Rencontrez-vous des difficultés au quotidien en tant que femme à ce poste ? Si oui, lesquelles ? 

« Je n’ai jamais eu le sentiment d’être une « femme » depuis mon intégration dans le milieu professionnel. J’ai été coachée et encadrée dans mes débuts par des hommes et je crois que j’ai tiré le meilleur de chacun d’eux pour enrichir mes compétences et capacités professionnelles ».

Arrivez-vous à concilier vos obligations familiales et professionnelles ?  

« Oui j’arrive à le faire parfaitement. Mais je dois avouer que j’ai la chance d’être mariée à un homme qui est dans le même secteur d’activité que moi. En plus d’être mon époux, il m’est d’un grand support professionnel ».

Pour les jeunes qui nous regardent et qui rêvent d’avoir le même parcours, quels conseils d’orientation pouvez-vous leur donner ? 

« L’ambition de réussir est l’essence de la motivation. Souvent l’ambition peut être guidée par la passion (c’est dans ces cas qu’on trouve souvent les jeunes entrepreneurs ou artistes). Mais le plus souvent, la plupart d’entre nous a envie de réussir mais n’a pas de référence professionnelle précise. Donc mon message s’adresse principalement à eux. Lorsque vous êtes indécis en matière de carrière professionnelle, prenez le 1er emploi/stage qui s’offre à vous (que ça soit dans un bureau ou pas). Le monde est créé d’opportunités. Ce qu’on trouve rabaissant aujourd’hui peut être une porte d’entrée ou un passage pour une opportunité plus grande. 

Pour ma petite histoire, je n’étais pas destinée à travailler dans une banque. L’opportunité s’est créée à partir d’une société de BTP de la place où j’étais Assistante ressources humaines avec des paiements de salaires irréguliers. Je suis restée pour apprendre, car il y avait d’excellents cadres. L’un d’eux a eu vent d’un besoin pour un poste de RH à UBA et il a proposé mon CV. De fil en aiguille, je suis arrivée là où je suis. J’avais 23 ans à l’époque et je n’étais pas payée à chaque fin de mois. Mais j’étais restée uniquement pour apprendre parce que j’étais jeune. Et si j’avais quitté plus tôt je n’aurai jamais eu cette opportunité. Et grâce à cette opportunité, j’ai un plan de carrière qui pour le moment me convient entièrement. 

Donc pour les plus jeunes, arrêtez de vous plaindre et acceptez d’apprendre d’abord avec ou sans rémunération ».

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