ads

En rétrospective des 72 heures du livre, le plus grand événement littéraire de Guinée, nous vous proposons un entretien exclusif avec un écrivain guinéen. Docteur en sociologie, enseignant-chercheur à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia et chargé de cours au département de sociologie de l’Université Jean Jaurès de Toulouse, Dr Oumar Sivory Doumbouya nous a ouvert ses portes.

À quel âge avez-vous écrit votre premier livre?
J’avais 29 ans. C’était sur la situation sociale des femmes en Guinée. Ensuite, j’ai écrit une œuvre sur les ONG féminines en Guinée, puis un roman-témoignage, Chronique d’un retour en Guinée, et Une vie de femme, en 2016.

Pour célébrer l’événement Conakry Capitale Mondiale du Livre (CCML), avec 24 autres auteurs de 6 pays différents, nous avons publié Embarquement pour Conakry Capitale Mondiale du Livre, dont j’étais le directeur d’ouvrage. En 2019, pour clore cet événement, j’ai encore réuni 29 auteurs de quelques pays et nous avons écrit Conakry Terre Africaine du Livre. S’en sont suivis en 2018 deux recueils de poésie, Les Fleurs de l’exil et Mes identités remarquables, et en 2020, À l’école de la vie : un sociologue dans l’atelier.

Un roman vrai, un essai, parti d’une enquête de terrain avec un ami sénégalais, Pr Ali Tandian, de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. C’était un essai sur l’immigration clandestine internationale, adressé notamment aux jeunes guinéens candidats à l’immigration, à leurs parents, leurs instituteurs et aux policiers.

En effet, on a remarqué que parmi ceux qui partaient, une catégorie se sortait du lot : les jeunes détenteurs de métier professionnel. Ils partaient le moins possible, ils restaient au pays, ils créaient leur business, se mariaient… Voilà, ils restaient.

Je me suis dit que si je repartais en France, ce serait pour assimiler un métier de ce genre, afin de pouvoir ouvrir un institut des métiers du bâtiment ici, pour contribuer à maintenir les jeunes à domicile.

Que pensez-vous de l’évènement 72 heures du Livre (72HL)?
Les 72HL sont devenus pour la Guinée un rendez-vous culturel incontournable. Nous en sommes déjà à la 13ème édition. C’est un moment intense, surtout livresque. Ça a commencé en 2008 et ça continue. Nous n’avions pas 20 écrivains édités en Guinée à l’époque. Aujourd’hui, nous sommes 260 hommes et une trentaine de femmes. Petit à petit, l’oiseau fait son nid.

Les années passées, nous avions jusqu’à 100.000 visiteurs ! C’est à cause du Covid-19 que cette année a été moins achalandée, mais au vu de ce contexte on peut dire que notre affluence a été un exploit. Parce que nous avons reçu les écoles qui ne sont pas loin, qui sont à proximité de notre endroit.

C’est un événement incontournable. Il y a des débats, des conférences, des dédicaces d’ouvrage… On peut dire que c’est le plus grand événement culturel de Conakry.

Quel avenir pressentez-vous pour les prochaines éditions? Quelle serait l’évolution idéale des 72HL selon vous?
L’idéal serait que les Guinéens aiment lire. Que le prix du livre baisse drastiquement et soit à la portée de la bourse du Guinéen lambda. Notre objectif est de faire de Conakry la capitale africaine du livre, comme Dakar est celle de l’art contemporain, Bamako de la photographie, ou encore Abidjan de la bande-dessinée, et ainsi de suite.

Il faut initier les enfants à la lecture parce que c’est la nourriture de l’esprit. Voyager et lire sont des ressources qui ouvrent l’horizon pour n’importe quel individu. Donc j’aimerais vraiment voir Conakry comme un carrefour des livres, un carrefour de connaissances.

Les 72H du Livre? Est-ce un événement mondial ou guinéen?
La fête internationale du livre, c’est le 23 avril, c’est mondial.

Mais les 72 heures du livre, c’est un événement unique à la Guinée, qui a lieu les 23, 24 et 25 avril de chaque année, à Conakry. Les années passées, hormis les activités dans la capitale, nous allions dans une ville “invitée” de Guinée, par exemple Kankan, Labé, Nzérékoré, ainsi de suite, et nous avions aussi un pays invité d’honneur, le Sénégal, le Congo, la Côte d’Ivoire, etc. Mais cette année, il n’y a pas eu de pays invité d’honneur ni de ville guinéenne invitée d’honneur, en raison du Covid-19.

Les 72H du Livre, c’est un événement purement guinéen. C’est le nôtre et il prend de plus en plus d’envergure. C’est prometteur !

Je vous remercie de nous avoir accordé cet interview !
Merci à vous Rarili News !

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
tt ads

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. les champs requis sont indiqués *