27 Feb 2021
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Société : de vendeuse sur les rails de cosa, à restauratrice… Aissatou Kôla accomplit de grandes réalisations !

Aïssatou Diallo, dit Aïssatou Kôla est une restauratrice originaire de la préfecture de Télimélé en basse-guinée. Membre d’une famille de 30 enfants, et aînée de 7 enfants chez sa mère, elle n’a pas été scolarisée, mais très tôt elle devient entrepreneuse. Partie de quelques kilogrammes d’haricots et d’attiéké en 2010, aujourd’hui elle vend une panoplie de nourritures dans un restaurant traditionnel à Simbaya sur la transversale 3 qui lui permet de subvenir aux besoins quotidiens de sa famille.

Aïssatou Diallo, épouse d’un mari débrouillard, et mère de 3 enfants, incarne aujourd’hui le rôle de la femme autonome et pilier de sa famille.

 

A en croire Madame Diallo née Aïssatou, elle a commencé à entreprendre dès son jeune âge.

Je n’ai pas été à l’école parce-que je suis l’aînée de ma mère, et ma mère était nourrice au moment où je devais y aller. A l’époque je vendais des boulettes de poissons (bantou en poular), mais également tout produit qui pointait à l’horizon lors de la récolte tels que les pommes de terre, mangues, etc… >>

A 18 ans, Madame Aïssatou Kôla se marie et part rejoindre son époux à l’étranger mais elle a vite compris que ce n’était pas l’Eldorado, poursuit-elle :

J’ai quitté le pays en 2002 pour rejoindre mon époux en Gambie, je suis revenue 7 ans après avec 2 garçons, j’ai eu un autre ici par la suite. Quand je suis rentrée, j’ai commencé par vendre des haricots noirs les matins aux rails de Cosa. J’ai commencé par un kilogramme, et progressivement j’en suis arrivée à 7, avant de trouver une place non loin de chez moi pour continuer à vendre et avoir plus d’intérêts car il y’avait de la demande >>

Située sur l’allée qui longe le carrefour feu rouge, c’est sur une des baraques en tôle située en face des abords de la cour où elle habitait que son marché prend de l’allure, renchérit-elle :

 J’ai commencé en 2010 avec 2 kilogrammes d’attiéké, 1 kilogramme d’haricots noirs, un poulet et dix poissons, aujourd’hui je vends également des frites, de l’alloco, des haricots blancs etc. Mes activités ont prospéré quand j’ai commencé à vendre la nuit  entre 2015 et 2018. Je peux faire un chiffre d’affaire journalier allant jusqu’à 500 000 GNF (un peu plus du salaire minimum inter-guinéen) >>

Son secret : l’art culinaire, la propreté et l’accueil chaleureux ; confie-t-elle :

Dernièrement tout le monde s’est plaint de la faible affluence dans les espaces de vente, mais par la grâce de Dieu j’arrive à tirer mon épingle du jeu, car je suis très connue et j’ai des clients qui peuvent acheter jusqu’à 300 000 GNF. Lorsque je ne fais pas assez de vente, j’ai un revenu journalier de 100 000 GNF au minimum. Parfois je n’ai même pas besoin d’aller au marché, mes fournisseurs m’approvisionnent pour 40 000 GNF (prix du transport). J’ai également deux employés que je paye à 400 000 GNF le mois et que j’ai formé, l’une d’entre elles est avec moi depuis 3 ans, donc je ne fais que superviser la cuisson et vendre. Selon l’affluence, je reste ici de 19h jusqu’au-delà de minuit >>

Grâce à tout ce qu’elle a pu accomplir, aujourd’hui elle est capable de couvrir ses besoins et ceux de sa famille (un loyer de 500 000 GNF pour deux chambres – salon – Terrasse, 520 000 GNF pour la scolarité mensuelle de ses enfants,  190 000 GNF pour l’aîné qui fait la 12ème – 180 000 GNF pour celui qui fait la 8ème et 150 000 GNF pour la 5ème année ; mais aussi 120 000 GNF pour leur apprentissage coranique).

 J’ai acheté un terrain à 15 000 000 GNF il y a trois ans à Dubréka. J’ai construit 3 chambres avec un salon, 2 douches, un magasin et une terrasse. On est déjà à 120 000 000 d’investissement et il nous reste le plafond et la cuisine externe. J’ai également une voiture >>

 

 

Cependant, Aïssatou ne compte pas en rester là pour des raisons qu’elle explique :

Je suis la seule à travailler, mon mari ne rapporte pas grand-chose. Mes frères maternels n’ont pas encore commencé à travailler et ma mère est malade, donc ils ne comptent que sur moi >> a-t-elle conclu.

 

 

 

 

 

Hawa Bah

 

 

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