Société | L’Ablogui lance le projet “N’Foulen” pour alerter sur les restrictions de l’espace civique en Guinée

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L’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) procède au lancement de sa nouvelle plateforme “N’Foulen”.

C’est au cours d’un point de presse tenu ce mercredi 19 octobre dans ses locaux que l’Ablogui a procédé au lancement de sa nouvelle plateforme de veille et d’alerte sur les restrictions de l’espace civique en Guinée et la publication du premier rapport de son étude intitulée “Les Organisations de la société civile guinéenne et la restriction civique entre 2019 et 2021”.

Dénommé “N’Foulen” qui signifie “détache-moi ou libère-moi” en langue maninka, ce projet est né dans le sillage de la crise sociopolitique survenue en Guinée entre octobre 2019 et octobre 2020. Dans ce contexte de restriction de l’espace civique, l’Ablogui a entrepris la mise en place d’un baromètre dont l’objectif est justement d’alerter et de veiller sur l’espace civique en Guinée.

Thierno Diallo est le responsable de la plateforme Nfoulen.org, il a expliqué le contexte de genèse du projet : « ‘’N’Foulen”, c’est une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la promotion et de la défense de l’espace civique en Guinée. […] Au sein de l’Ablogui, on s’est dit qu’on pouvait lancer un projet dont l’objectif serait globalement le monitoring un peu sur l’espace civique en Guinée et répertorier dans la mesure du possible les violations des droits de l’Homme et de l’espace civique en rapport à cette crise. Nous avons conçu ce projet et l’avions soumis à nos partenaires, OSIWA. Le projet a été validé. »

Prenant la parole, le président de l’Ablogui, Alpha Diallo, a tenu à apporter quelques éclaircissements sur les concepts abordés : « C’est quoi l’espace civique ? C’est un peu un ensemble de conditions juridiques, institutionnelles qui va permettre à un ensemble d’acteurs, notamment de la société civile, d’exercer leur rôle de contrôle citoyen de l’action publique. L’espace civique est composé de la liberté d’expression, de la liberté d’association et de la liberté de manifestation. Ce sont ces trois libertés qui constituent l’espace civique dont nous sommes en train de parler. »

Également présent à cette rencontre, Félix Dounia Millimono, l’un des responsables au sein du projet N’Foulen, a énuméré les recommandations issues de cette étude présentée devant les hommes de médias :

« Ces recommandations vont à l’endroit des acteurs qui constituent le maillon de protection de l’espace civique […].
À l’endroit du Gouvernement, nous avons formulé des recommandations qui sont entre autres : le respect des dispositions juridiques liées à l’espace civique, la réforme du système de délivrance des agréments, instaurer un dialogue permanent entre les acteurs de l’espace civique et aussi de renforcer la formation des forces de défense et de sécurité sur la gestion des manifestations.
Au système judiciaire : de veiller à l’application stricte des lois régissant l’espace civique, d’ouvrir des enquêtes sur les cas de violation des droits de l’Homme, d’apporter des réponses judiciaires aux cas de menaces et autres persécutions dont les défenseurs des droits de l’Homme et autres organisations de la société civile ont été victimes.

Au CNT : de mettre à jour la loi L013 en définissant clairement le processus d’attribution et la durée des agréments […]. Aussi d’adopter la loi sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme.
Aux collectivités locales, notamment les mairies : d’éviter de s’inscrire systématiquement dans une démarche d’interdiction des manifestations sur la voie publique, d’examiner dans la plus grande objectivité et d’indépendance les lettres d’informations qui leur sont adressées par les organisateurs des manifestations.
Aux forces de défenses et de sécurité : de privilégier l’encadrement des manifestations à la répression et de faire l’usage proportionné de la force dans la gestion des manifestations sur la voie publique.
Aux partenaires techniques et financiers : de faire de la protection de l’espace civique, plus largement des droits de l’Homme, une des conditions de coopération avec les autorités publiques, de prendre en comptes les difficultés de reconnaissance juridique des OSC dans leurs mécanismes de financement des activités de la société civile. […] »

Alpha Oumar Baldé

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