15 Nov 2019
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Spike la vipère : « L’affluence des ingénieurs de son étrangers joue négativement sur la musique guinéenne »

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L’ingénieur de son Ansoumane Traoré, communément appelé Spike la Vipère sollicite le soutien du Ministère des Sports, de la Culture et du Patrimoine Historique pour rehausser le niveau des jeunes ingénieurs de son pour le bien être de la musique guinéenne. Il a lancé cet appel lors d’un entretien qu’il a accordé à l’équipe de Rarili News le jeudi 27 juin 2019.  

Venu dans ce métier en 2016 par amour : « parce que quand tu pars pour enregistrer, on te renvoi de revenir un autre jour. Donc j’en avais marre. Etant un informaticien, je m’étais dit d’apprendre le métier d’ingénieur de son. Et j’ai cherché des logiciels liés à ce domaine. Finalement, j’ai eu la bonne volonté de Junior Fuza  qui avait besoin d’un ingénieur de son assistant. C’est ainsi que je suis venu au studio Amine Idéal pour travailler. De là-bas, j’ai eu la chance de travailler pour d’autres studios d’enregistrement de la place », explique Spike la Vipère.

Selon lui, aujourd’hui, dans l’industrie musicale en Guinée, le seul problème est : « qu’on ne croit qu’aux étrangers. On n’a pas confiance aux nationaux. Pourtant, les étrangers qui viennent sont là pour chercher de l’argent et partir. Quant aux ingénieurs de son guinéens, ils travaillent avec la foi et amour. Le faible niveau de certains ingénieurs de son fait que l’affluence des étrangers bat le record dans les studios. On ne parle pas des nationaux, on ne parle que des étrangers »

 « On n’a pas reçu des formations nobles qui peuvent nous permettre d’aller au bout de nos efforts. On cherche à aller de l’avant pour avoir quelque chose de bon. Il n’y a pas une école d’ingénieur de son en Guinée. Les étrangers qui viennent en Guinée, je ne peux pas dire qu’ils n’ont pas fait des écoles d’ingénieur de son… ils bénéficient aussi de l’apport de leur pays pour pouvoir exercer ce qu’ils font comme métier», déploré-t-il.

Dans son intervention, il a fait savoir que, l’affluence des ingénieurs du son étrangers joue négativement sur la musique guinéenne, parce qu’ils ne connaissent pas très bien que nous (…). « C’est pourquoi le guinéen est confus dans sa musique, il ne connait plus le ‘’Djankadi’’, du ‘’Doumbou sèssè’’, le rap à l’ancienne, le guinéen ne le connait plus. Il ne connait que du trap. Le guinéens n’imite que le sénégalais, le malien, le burkinabè et les français. L’identité que les pionniers du rap nous ont laissée, on a carrément oublié cela. On s’est mis dans la tendance de la nouvelle production musicale. Kill Point, Leg Def et Bill de Sam nous ont laissé quelque chose que nous devons exploiter pour que la musique urbaine guinéenne aille de l’avant ».

De poursuivre, Spike la Vipère s’est adressé aux cadres du Ministère des Sports, de la Culture et du Patrimoine Historique afin de changer la donne : « La seule chose que je peux demander, c’est d’aider les jeunes ingénieurs de son du pays, les subventionner, leur donner de formation pour ne pas que les chanteurs guinéens n’aient plus besoin des étrangers. Nous voulons que le Ministère des Sports, de la Culture et du Patrimoine Historique mette un fond pour la formation des ingénieurs de son guinéens, les envoyer à l’étranger ou envoyer les experts en Guinée pour nous former pour le bien être de la musique guinéenne. Aujourd’hui, si tu pars au BGDA, du côté musical, rien n’est dans les normes. On fait semblant de faire de la bonne musique, on ne fait que du copié collé et du plagiat», recommande Spike la vipère.

 

Aboubacar Fodé Bangoura

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